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Peut-on encore télécharger illégalement en 2018 ?

Dans une société où (presque) tout le monde a désormais un abonnement Netflix ou Amazon Prime, le téléchargement illégal (autrefois appelé le piratage) devient une pratique de plus en plus anecdotique.

Si il fut un temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre), où quasiment tous les foyers français téléchargeaient illégalement les derniers films sur eMule ou eDonkey , aujourd’hui il ne reste que quelques geeks quarantenaires qui continuent de prendre des risques judiciaires pour jouir de films, séries, jeux-vidéo et autres albums MP3 en toute gratuité.

Peut-être êtes vous assez vieux pour avoir connu Napster ? Ou LimeWire ? Ces logiciels complètement illégaux mais terriblement efficaces qui permettaient à n’importe qui équipé d’une connexion internet et d’un PC de télécharger un morceau de musique en quelques minutes (oui oui, à l’époque pour télécharger 5 Mo il fallait quelques minutes…).

BIT TORRENT OU L’ENFER DES MAJORS

Ensuite est venu le temps (non révolu) de Bit Torrent. Arrivé début des années 2000, ce fabuleux protocole d’échange « Peer 2 Peer » (de personnes à personnes)  permet encore aujourd’hui à des millions de « pirates » à travers la planète de s’échanger des fichiers tous plus illégaux les uns que les autres.

Il aura fallu une bonne dizaine d’années pour que les néophytes, les gens « normaux », découvrent la puissance du réseau Bit Torrent grâce à des sites comme CPASBIEN. Mais les plus connaisseurs d’entre-nous continuent d’utiliser les « torrent » pour dénicher le dernier MARVEL ou le dernier Star Wars sans avoir à lâcher 20€ dans un BluRay ou 10€ dans une location iTunes.

Outre les Torrent, il existe aussi depuis longtemps les liens de téléchargement « directs ». Ceux qui vous renvoi vers des sites d’hébergement de fichiers tels que MegaUpload ou RapidShare. Démocratisé par des sites comme ZoneTelechargement, ce protocole simple et basique est souvent rendu fastidieux à cause des liens « cassés » qui sont purement et simplement occasionnés par la destruction des fichiers illégaux par les plateformes de téléchargement.

POUR CEUX QUI ONT DU CACA DANS LES YEUX : LE STREAMING

Parallèlement à tout ça, il existe un « club » dont je n’ai jamais fait partie car j’attache trop d’importance à la qualité visuelle et sonore de ce que je regarde sur mon poste de télé. Je veux bien sûr parler du fameux « streaming ». Streaming illégal bien sûr. Puisque le terme « streaming » signifie juste que vous visualisez un contenu en temps réel, sans héberger le fichier sur votre ordinateur. Vous vous contentez de consulter le contenu à distance. Comme le font Netflix, Amazon Prime ou YouTube.

Je n’ai jamais considéré le streaming car je suis sans doute un peu trop geek. Un vrai geek comme moi préférera  toujours télécharger un bon gros fichier de 5Go pour se matter une comédie française d’une heure trente plutôt que d’aller risquer « d’infecter » son PC avec des sites moisis remplis de publicité et autres pop-up envahissantes. Sans parler de la qualité absolument immonde proposée par ce genre de « piratage ».

LE USENET, L’OASIS NUMÉRIQUE DES PIRATES

À côté de tout cela, de tous les systèmes dont je viens de parler (et il en a existé d’autres dont il serait trop long de parler), il y a une sorte d’Astérix de l’illégal. Un protocole qui résiste encore et toujours à l’armée de bots envoyée par les compagnies de cinéma et de musique pour faire fermer les sites de Torrent et autres sites de Streaming. Ce protocole secret et magique c’est le Usenet.

Aussi appelé « Newsgroups », le protocole Usenet est très distinct de l’internet qu’on utilise au quotidien. En effet, à la fin des années 70, quand des ingénieurs désireux de s’envoyer des informations entre universités ont « inventés » l’internet, d’autres en parallèle ont mis au point un système « concurrent » qui permettait d’échanger des messages, cela ne ressemblait pas à des emails mais plutôt à des forums. Ces « forums » électroniques étaient consultables du monde entier car hébergés sur des serveurs un peu partout autour du globe.

Si ces forums électroniques primitifs sont devenus peu à peu obsolètes, et si petit à petit Internet a complètement écrasé Usenet, ce protocole appelé UUCP (comme le HTTP chez Internet) existe toujours de nos jours. Mais son usage originel a été complètement détourné. En effet, aujourd’hui, 99,9999% du contenu des « newsgroups » qu’on trouve sur le Usenet sont des fichiers illégaux destinés au téléchargement illégal de films, de séries, de musique et autres logiciels ou jeux-vidéo.

Pourquoi vous parler de ce truc de geek dont vous n’aviez jamais entendu parler ? Le Usenet ? Les Newsgroups ? Le UCCP ? Et bien parce qu’aujourd’hui, avec la terrible répression numérique exercée par les États et les « majors » il est devenu quasiment impossible de télécharger un film illégalement. En tous cas, même si c’est encore possible, c’est de plus en plus difficile. Quasiment tous les « trackers » français proposant des Torrent ont étés fermés par la Justice, pareil pour les plus gros sites de streaming ou les sites proposants de liens directs « DDL » (Direct Downloads Links).

Le Usenet s’avère donc être la dernière oasis de liberté numérique. Mais son usage reste assez complexe. Il est encore malheureusement réservé aux geeks les plus persévérants. Et surtout, inconvénient majeur comparé aux autres systèmes « pirates » (Torrents, DDL, Streaming) l’accès au réseau Usenet est payant. Enfin il n’est pas réellement payant puisque tout à chacun peut héberger sur son ordi un serveur de « newsgroups » mais l’intérêt est d’avoir accès aux plus gros serveurs pour y trouver les meilleurs fichiers (et donc les films, séries, etc.) et l’accès à ces serveurs est généralement payant. Même si Free a longtemps proposé un serveur de Newsgroups gratuit, celui-ci ne proposait pas l’intégralité des données disponibles sur le Usenet et le débit de téléchargement était très faible.

C’est pourquoi il existe de très nombreux fournisseurs d’accès à Usenet. Les plus connus sont GigaNews, UseNeXT, Eweka ou NewHosting (il en existe des centaines). Tous sont à peu près équivalent puisque pour environ 10€/mois vous pourrez accéder au réseau Usenet et pour environ 20€/mois vous aurez un accès illimité (aucune limite en GB/s ou en GB/mois).

Je proposerais très bientôt un guide complet sur le Usenet pour aider ceux et celles d’entre-vous qui seraient intéressés à apprendre à utiliser ce réseau « fantôme » incroyablement efficace et complet.

N’OUBLIONS PAS NOTRE AMIE L’HADOPI (MERCI SARKOZY!)

Enfin, il serait mal-honnête d’écrire un article qui traite du téléchargement illégal et de ne pas parler de la fameuse HADOPI (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet). Merveilleuse institution créé par le Gouvernement Fillon (Présidence Sarkozy) à la demande de la fabuleuse ministre de la culture de l’époque Christine Albanel… Si vous n’avez jamais reçu un recommandé de l’HADOPI c’est que vous êtes un petit joueur (une petite joueuse) ou bien c’est que vous êtes chez Free (lol). Oui car pendant longtemps Free a joué les « insoumis » et a refusé de communiquer à l’HADOPI les informations concernant les téléchargements de ses abonnés. Malheureusement Xavier Niel a fini par abdiquer et désormais même les abonnés Free reçoivent des mails ou des courriers de l’HADOPI quand ils vont sur des sites de Torrent, de DDL ou de Streaming.

La seule solution pour échapper à Big Brother (HADOPI) c’est l’usage d’un VPN. Pour en savoir plus sur les VPN et comprendre leur intérêt et leur usage, je vous conseil notre test de l’un d’entre-eux : VyprVPN. Vous cacher derrière un VPN ne vous empêchera pas de « galérer » à trouver un site de Torrent encore debout ou un site de téléchargement direct sérieux. Sans parler du fait qu’il vous faudra payer pour profiter des services d’un VPN. Généralement une dizaine d’euros par mois.

C’EST MON AVIS :

Bref, hormis la solution Usenet, il est devenu aujourd’hui très difficile, voir impossible, de télécharger illégalement. Heureusement les solutions légales sont de plus en plus complètes et de plus en plus accessibles. Mais il m’arrive encore de ne pas trouver sur les plateformes légales des émissions ou des films que je cherche. Dans ces cas là je suis « obligé » de me tourner vers l’illégal. De la même manière, dans mes plus jeunes années, seule l’illégalité des Torrent m’a permis d’accéder à la culture cinématographique, vidéo-ludique ou musicale. Il suffit de voir les jeunes d’aujourd’hui qui passent leurs journées à regarder des vidéos débiles sur YouTube pour comprendre que l’accès à la culture (les films, les séries, la musique) devraient être facilitées et non réprimées comme c’est le cas aujourd’hui.

Jordan
Geek Berruyer de 31 ans.
https://cmonavis.eu

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