J’ai testé Napster (avec SFR), voici mon avis

Si vous êtes vieux comme moi (lol), vous avez connu l’âge d’or des téléchargements illégaux, ce qu’on appelait alors le « piratage » de la musique. Tout le monde avait sa technique : eMule, eDonkey, Limewire, Gnutella, Kazaa et consorts. Mais ce véritable pillage de l’industrie musicale (qui était alors l’un des business les plus lucratif de la planète) a commencé avec un logiciel alors complètement « libre », sans virus caché, sans abonnement, sans publicité, sans compte Google ou que sais-je encore, c’était Napster.

Grâce à Napster, chacun pouvait alors accéder à la musique « gratuite » téléchargeable en qualité MP3 tout à fait convenable et sans réglage compliqué ou astuce d’informaticien. Il suffisait de télécharger le logiciel Napster, de l’installer sur son PC et de chercher ensuite dans le moteur de recherche le nom du morceau ou de l’artiste qui nous intéressait. En quelques minutes (oui à l’époque il fallait quelques minutes pour télécharger 4 ou 5 méga octets ^^) on obtenait alors le fichier .mp3 du dernier tube à la mode. Il suffisait ensuite de l’écouter sur son ordi grâce à Winamp ou bien de le mettre dans son lecteur MP3.

Capture d’écran de la version 2 du logiciel Windows Napster, début 2000.

Mais l’extraordinaire aventure Napster ne durera pas longtemps. En effet, devant la terrible efficacité du logiciel, ses créateurs sont rapidement devenus la cible des majors et de l’intransigeante association des producteurs de musique américains : la RIAA. Mais les États-Unis sont depuis toujours un pays à part en matière de justice, et là bas tout se négocie. C’est pourquoi, les très malins fondateurs de Napster vont réussir à négocier la fermeture du service illégal en le transformant en une une plate-forme de streaming de musique tout à fait légale.

D’abord connu sous le nom de Rhapsody, Napster est devenu un sorte de Deezer ou de Spotify en 2011 lors de sa vente par le groupe américain Best Buy. Son co-fondateur Sean Parker est connu pour avoir aidé Mark Zuckerberg à fonder Facebook en 2004.

Mon Expérience :

Si j’ai utilisé Napster au début des années 2000 pour télécharger illégalement de la musique, je suis devenu – comme beaucoup – un adulte responsable qui désormais paye pour pouvoir écouter de la musique librement sur son PC ou sur son smartphone. Au tout début j’ai utilisé iTunes pour me procurer de la musique légale. Puis, lassé d’acheter les morceaux au coup par coup, j’ai commencé à utiliser Deezer (en 2013) et puis j’ai essayé Spotify et j’ai vite quitté le service de streaming suédois à cause de leur système de Playlists trop compliqué pour moi. J’avais trouvé le service idéal avec l’arrivée d’Apple Music en 2015 mais récemment je suis devenu client SFR et je me suis alors vu proposer l’offre musicale Napster en complément de mon forfait mobile. Il m’était proposé de bénéficier de Napster pour seulement 1€ pendant 6 mois ! Ni une ni deux j’ai sauté sur l’occasion et j’ai résilié mon offre Apple Music à 14,99€/mois.

Disponible sur toutes les plateformes (Web, Android et iOS), Napster se présente comme ses principaux concurrents. Une rubrique « Favoris », une autre « Radio », une « Bibliothèque » et enfin une catégorie « Playlists ». Mais là où Napster se démarque d’abord c’est dans sa possibilité de régler le son en fonction de son « oreille ». En effet, la fonctionnalité « EarPrint » va étalonner votre écoute et votre sensibilité auditive afin d’y adapter le rendu sonore de l’application. Cette fonctionnalité – disponible sur iOS et Android uniquement – peut paraitre gadget mais au final je ressens un vraie différence lorsque j’éteins EarPrint et je ne peux désormais plus m’en passer pour l’écoute au casque notamment.

Ensuite, là où le service musical américain se démarque (et pas forcément dans le bon sens) c’est par l’ergonomie de son site et de son application. Même si on fini toujours par s’y retrouver, j’ai eu un peu de mal au début à comprendre la logique et à retrouver les classements et les playlists notamment. Sans doute un problème de « jeunesse », même si l’application en est déjà à sa version 6… Mais dieu merci l’essentiel est là : la qualité du son et la profondeur du catalogue.

Commençons par le catalogue. Vous n’êtes pas sans savoir que chaque service de streaming musical doit conclure des accords avec les grandes maisons de disque afin que celles-ci fournissent les « masters » de vos chansons préférées. En gros, si Napster veut proposer du Madonna à ses clients, il doit aller voir Warner Music et conclure un deal afin que les gens de Warner fournissent à Rhapsody (maison mère de Napster) les fichiers musicaux de la madonne. Les « masters » sont des sortes d’originaux de très haute qualité sur lesquels sont enregistrés les sessions studio. Bref, le catalogue Naspter est comparable à celui d’Apple Music ou de Deezer même si le maître en la matière reste Spotify et ses 50 millions de titres.

La qualité du son quant à elle est très bonne. Difficile de comparer avec les principaux concurrents car bien souvent c’est la qualité du casque utilisé et la source (le smartphone ou le PC) qui va conditionner l’expérience audio. Mais pour avoir passé plusieurs mois avec Apple Music je dois bien avouer que Napster n’a rien à envier au service musical de la marque à la pomme. Surtout que grâce à la fameuse fonctionnalité EarPrint le rendu sonore sera forcément adapté à vos capacités auditives.

Enfin, parlons quelques instants de l’application en elle même. Je ne parle pas là des fonctionnalités ou de l’ergonomie générale mais bien du logiciel au sens informatique du terme. J’ai rencontré quelques soucis avec l’interface web (un peu lente et pas très moderne) et d’autres soucis encore avec l’application Android. En effet, parfois lors de l’écoute d’une playlist en mode aléatoire, si vous zappez quelques titres un peu trop vite l’application s’emmêle les pinceaux et va alors afficher une jaquette et un titre de morceau qui n’est pas celui que vous entendrez dans votre casque ou dans vos oreillettes. Assez agaçant. Surtout que je n’ai pas trouvé la parade à ce problème qui s’est manifesté à plusieurs reprises sauf de quitter complètement la lecture en cours et de relancer un autre album ou une autre playlist.

Interface utilisateur de l’application mobile Napster (version 6 pour Android 9)

C’est mon avis :

Après plusieurs semaines d’utilisation je peux dire que Napster est un bon service de streaming de musique. Plutôt simple (même si l’appli n’est pas un modèle d’ergonomie), efficace et complet, Napster n’a pas à rougir devant les Deezer, Spotify et autre Apple Music. Proposé à un prix hyper intéressant pour les abonnés SFR, Napster est aussi disponible pour tous les non-client SFR au tarif quasi universel de 9,95€/mois sans engagement. Si vous possédez un iPhone, un Mac ou une Apple TV il est clair qu’il est plus intéressant d’opter pour l’offre d’Apple. Si vous n’utilisez que votre PC, l’application Spotify a un sérieux train d’avance. Enfin, si vous utilisez une enceinte connectée Google je vous conseille plutôt Google Play Music.

Jordan Le Goïc

Geek Berruyer de 32 ans.

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