Reprogrammer soit-même son ECU

Cet article sort un peu de ce qu’on vous propose d’habitude sur Cmonavis, mais il vient en complément de celui rédigé à propos du boîtier additionnel RaceChip. En effet, si vous êtes comme moi et que vous cherchez à gagner de la puissance sur votre voiture, vous avez sans doute envisagé la fameuse « reprogrammation ». Mais une « reprog » ça coûte cher ! Un « spécialiste », avec un vrai banc d’essai et pignon sur rue vous demandera au bas mot 500€ pour gagner quelques chevaux. Alors, des méthodes alternatives existent.

Le boîtier additionnel permet de « tricher » en envoyant un signal électrique plus faible (ou plus fort) dans le capteur de l’injection d’essence ou de gazoil. On peut en trouver des très bas de gamme (sur AliExpress, Wish, etc.) et aussi d’autres, de meilleure qualité, chez les Allemands de RaceChip par exemple. Mais comme je le disais juste avant, c’est un procédé un peu « bancal » et l’utilisation d’un tel boîtier n’est pas très bon puisqu’il va encrasser votre moteur. Personnellement j’ai eu une expérience plutôt mitigée avec mon ancien véhicule et ce petit boitier était sans doute à l’origine d’un FAP qui s’encrassait systématiquement.

Avec ma nouvelle voiture, une petite sportive essence turbo, je ne voulais surtout pas utiliser à nouveau cette technique. Après quelques améliorations purement mécaniques (admission, allumage, etc.) et avant d’employer les grands moyens (ligne d’échappement), je voulais donc tester la très populaire reprogrammation. Je me suis dans un premier temps tourné vers un professionnel de ma région, qui m’a proposé une prestation « de base » à plus de 500 euros. Ensuite, je me suis dirigé vers internet et j’ai cherché des alternatives moins onéreuse, quitte à faire ça moi-même.

Rapidement j’ai compris que sur une voiture moderne, on peut le faire sans fer à souder, sans connaissance particulière, avec l’aide d’un simple boîtier USB qui se branche sous le tableau de bord, la fameuse prise OBD (prise de diagnostic). Rapidement aussi j’ai compris qu’une reprogrammation n’a d’intérêt que sur un véhicule turbo (essence ou diesel). Les moteurs atmosphériques n’ont presque pas de possibilité d’améliorations électroniques, ils sont déjà souvent au maximum de leurs capacités. Après de longues heures de lecture je suis tombé très vite sur le boîtier « MPPS ». Un simple câble USB vers OBD2 avec un PC portable sous Windows permettent de reprogrammer certains ECU (calculateurs). Mais celui-ci ne convenait pas pour ma voiture (ECU BOSCH MED172).

J’ai donc continué mes recherches et je suis tombé sur le boîtier KESS v2. Attention, je précise tout de suite que j’ai acheté un clone chinois. Le vrai boîtier Kess, vendu par la société AlienTech, coûte environ 2000 euros… Alors qu’un clone acheté sur un site comme AliExpress coûte 50 euros… Il va sans dire que j’ai choisi le modèle chinois ^^ Une fois reçu mon colis venu d’Asie, je m’empresse d’aller brancher le bouzin sur mon auto et je dois avouer que j’ai dans un premier temps été déçu. En effet, le logiciel KESS (cracké) fourni par nos amis chinois, arrivait bien à lire mon ECU mais une erreur « Checksum » en fin de lecture m’empêchait de « lire » mon ECU correctement.

Après de rapides recherches sur Google, j’ai fini par identifier le problème : Visual C++. Il faut installer toutes les versions de Visual C++ pour que le logiciel KESS fonctionne correctement. Une fois ces librairies installées sur mon Windows 10, j’ai retenté ma chance et là : BINGO ! KESS a réussi à extraire mon logiciel ECU et j’ai pu le sauvegarder dans un fichier d’environ 2Mo. Mais après cette « réussite », venait ensuite la plus grosse difficulté : trouver quelqu’un pour améliorer ce petit fichier de 2Mo qui avait été extrait de mon calculateur par le fameux KESS.

C’est alors que je suis tombé sur plusieurs sites qui proposent ce genre de service. Tout d’abord une société en Lituanie (ou Lettonie je ne sais plus lol), et qui demande une cinquantaine d’euros pour modifier votre fichier. Après ça, j’ai trouvé un site à moitié français (Mod-Files.com) qui demandait 80 euros. Et après ça, je suis tombé sur LE site qui envoi du bois. Bien évidemment ce n’est pas français (lol) et là pour le coup, ça nous vient du nord puisque ce sont des norvégiens qui se proposent de modifier votre ECU pour 150 euros. Leur site s’appelle tuningfiles.com et la société mère se nomme Sedox Performance.

Sedox Performance s’adresse surtout aux professionnels de la reprogrammation. Mais désormais, grâce à leur site internet très bien fait, même les particuliers peuvent soumettre leurs fichiers ECU. Et dans l’heure (oui oui dans l’heure) vous recevez donc votre fichier modifié… Et donc en une heure et pour 150 euros vous gagnez facilement 30 chevaux… Incroyable mais vrai, surtout qu’on gagne VRAIMENT des chevaux, et VRAIMENT du couple. Le moteur se comporte vraiment différemment mais j’y reviendrais après. Continuons sur le plan purement technique. Une fois notre fichier téléchargé, ne reste plus qu’à le ré-injecter dans notre calculateur.

Il faut donc à nouveau utiliser notre boîtier KESS ainsi que le logiciel du même nom, pour ne pas cette fois « lire » l’ECU mais pour « l’écrire », le « programmer » en quelque sorte. C’est un peu comme si on avait un ECU en Windows 7 et qu’on voulait y installer Windows 10, grossièrement c’est un peu le même principe. On branche donc notre boîtier KESS à la prise OBD, on lance le logiciel, et là au lieu de cliquer sur « Read » on clique sur « Write », on sélectionne le fichier fourni par nos amis Norvégiens, ensuite, le logiciel envoi les données dans l’ECU. Pendant ces quelques dizaines de secondes mon petit cœur a battu très vite car tout un tas de voyants se sont allumés au tableau de bord et j’avoue que ça fait un peu peur. Surtout qu’à plusieurs reprises, KESS vous prévient que si jamais quelque chose se passe mal, l’ECU sera fichu et la voiture ne pourra plus rouler lol…

Mais finalement la procédure se passe comme prévu et à la fin KESS nous dit « tout est ok, vous pouvez désormais enlever le contact et débrancher le cable » (grossière traduction de ma part car bien évidemment KESS parle en anglais). Là je débranche le câble, je remets le contact, je démarre la voiture et vroum ! Tout démarre sans problème, sans voyant moteur, bref, comme sur des roulettes ! 🙂

Vient ensuite le moment du test routier pour voir si vraiment tout ça en valait la peine. Je part doucement de chez moi et au bout de quelques dizaines de mètres seulement je me rends déjà compte que la pédale parait plus sensible, ou en tous cas le moteur semble plus coupleux et répond plus vite à la moindre sollicitation de mon pied droit. J’arrive sur une route nationale, j’attends sagement le panneau de fin d’agglo et j’enfonce l’accélérateur en 4ème vitesse (reprise en 4 de 60 à 90 environ) et VROUM ! Une fusée ! Vraiment. Une très très nette différence ! D’ailleurs le son du moteur est lui aussi différent. Vraiment plaisant !

Je reviendrais mettre à jour cet article lorsque j’aurais un peu plus roulé mais déjà au bout de deux jours je peux dire ma satisfaction dans cette opération « périlleuse ». En effet, pour environ 200 euros seulement, j’ai reprogrammé moi-même mon auto, j’ai gagné en puissance, en couple et en agrément de conduite. Le boîtier KESS me resservira peut-être plus tard puisque les Norvégiens de chez Sedox Performance proposent tout plein de modifications autres que le gain de puissance : suppression FAP, suppression EGR, Launch Control, etc.

PS : mon expérience personnelle se limite à mon véhicule, c’est à dire une Mini Cooper S de 2008 (moteur 1.6 THP Peugeot) je ne pourrais donc pas donner de conseils sur d’autres modèles

 

Jordan Le Goïc

Fondateur Cmonavis

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